Comptoir de l’immobilier : actualité décembre 2011

Ah le mois de décembre ! Les fêtes de fin d’année, les illuminations de Noël, les cadeaux, les repas de famille, les préparatifs, les vacances scolaires…

Alors que se passe-t’il au comptoir de l’immobilier ? Déjà, c’est avec un grand retard que nous publions l’actualité du mois de décembre 2011. Les raisons sont diverses et variées, et le but n’est pas d’épiloguer sur le sujet, car après tout, vaut mieux tard que jamais !

Pour commencer, dans notre cyber rade, l’essentielle des questions et discussions ont concernées notre beau pays, la France.

Tout d’abord, il paraît que les français n’ont jamais été aussi riche qu’en ce moment. En effet selon les échos, le patrimoine économique national a atteint 13.065 milliards d’euros en 2010, dont 78% est représenté par le patrimoine des ménages (soit 10 190 milliards d’euros). Les français seraient plus riches qu’en 2007, selon le figaro. La hausse du patrimoine détenu par les ménages est de plus de 9% en 2010, contre à peine 0.7% en 2009. Soit sur 10 ans, une augmentation de 60% des profits, nous dit le monde.

Notre charmante clientèle, dans sa grande majorité, pense que tout cela n’est que du baratin médiatique. Car la valeur du patrimoine a augmenté en corollaire de la montée des prix de l’immobilier. Donc de manière virtuelle, les français sont plus riche en 2010 qu’il n’y étaient en 2009. Seul problème, c’est que depuis l’été 2011, les prix ont commencé à baisser (notamment à Paris). En conséquence, nos clients se disent qu’ils s’appauvrissent depuis cet été. D’ailleurs, comme me le fait remarquer Gilles (agent immobilier), on s’enrichit quant le pouvoir d’achat augmente, pas quant la valeur de notre patrimoine augmente, à moins qu’on le vende ou que celui si soit en location…

Concernant le patrimoine des Français, le bureau d’étude économiques et de conseil en stratégie BIPE, détermine qu’il faut s’attendre à un recul du patrimoine immobilier (source : les échos) à cause de la conjoncture morose. Pour lavieimmo, le marché donne des signes avant-coureur de retournement, qui devraient se confirmer dans les prochains mois (allongement des délais de transaction, climat général pessimiste). Il a été constaté que le volume des ventes d’août à octobre 2011, a baissé de 12% à Paris, et de 6% en Ile de France par rapport à la période d’août à octobre 2010 (source : Lyon pôle immo). En y regardant de plus près, on s’aperçoit que outre une augmentation artificielle des prix en octobre 2011 (+1.5% à Paris), liée à la nouvelle plus-value immobilière, les prix ont baissé de 0.4% à Paris en novembre 2011.

Les délais de vente ont été multipliés par deux en un an. Et l’approche des élections rend le marché attentiste (source : 20 minutes). Pour la tribune, les prix de l’immobilier décrochent ! Pour la FNAIM, cette dernière anticipe une baisse généralisée des prix dans l’ancien pour le début 2012. Selon Standard & Poor’s, les prix vont baissés de 5 à 10% en 2012, ce qui ne devrait pas faire plaisir aux agents immobiliers selon BFM.

Tient en parlant des agents immobiliers, ces derniers ont eu chaud aux fesses, car il était question d’en finir avec le mandat exclusif. Ce qui aurait donné un sérieux coup à cette profession. Le Sénat a confirmé dans sa séance du 20 décembre au soir la position de sa Commission des affaires économiques en faveur du mandat exclusif pour les transactions immobilières. La Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM) se félicite aujourd’hui de ce maintien.

D’ailleurs, il est intéressant de voir que certaines agences immobilières se sont changées en acteur social. Ainsi une agence immobilière Alsacienne, s’est transformée en agence solidaire, reversant une partie de sa commission à une association pour le mal logement.

Des négociateurs immobiliers qui font du social, pourquoi pas…

Après tout, chacun essai de s’adapter à la crise, c’est ainsi que les premières ventes privées des agences Guy Hoquet ont été un succès (voir l’article du mois de novembre) selon les échos de la franchise. D’ailleurs, la crise ne semble pas toucher le secteur de l’immobilier de luxe, comme le confirme cet article du parisien parut le 20 décembre 2011. Mais il faut bien dissocier deux choses dans le marché du luxe, les biens de prestige, et les biens d’exception. Les biens de prestige sont les biens immobiliers situés dans un secteur recherché, ce que l’ont pourrait appeler « les bonnes adresses ». Par contre la crise semble être passée par là, même si les chiffres de 2011 indique le contraire (+30% par rapport à 2010 selon le cabinet d’études Xerfi). Les biens d’exception sont des « bonnes adresses » doublés d’une superficie ou d’un aménagement exceptionnel, voir des deux. Là, a priori, comme l’incertitude boursière semble être de mise, beaucoup de riches (notamment étrangers) investissent dans ces valeurs sûres. D’ailleurs le feuilleton Beckham a défrayé la chronique, car il a enflammé le petit monde de l’immobilier du luxe Parisien.

Pour les acteurs du secteur de l’immobilier, la course contre la montre des acheteurs en Scellier est un sport en vogue ce mois-ci. Les promoteurs multiplient les opérations pour inciter les particuliers à investir avant la fin de l’année, selon le figaro. Donc, la nouvelle fiscalité impose aux acteurs économiques du marché, une course contre la montre. En effet,   le nouveau dispositif Censi-bouvard passe de 18% à 11% de réduction d’impôts, selon les échos.

En parlant des promoteurs, ces derniers font front commun contre « les mesures défavorables » à l’immobilier que le gouvernement, « indifférent » selon eux au logement des Français, a pris depuis l’été (source : immo-neuf.lavieimmo.com). Les professionnels de l’immobilier neuf appellent à une vraie politique du logement (source : challenge). La société Bouygues en tête, plaide pour des aides fiscales selon le figaro. Cette même société qui est soupçonnée de corruption concernant le marché du futur « pentagone Français« . Comme me dit mon client Guy (petit promoteur) : « Ils sont les premiers à râler, mais ils sont aussi les premiers à magouiller… »

Pour couronner le tout, les conditions du crédit immobilier se durcissent ! C’est le résultat de l’enquête de la Banque de France, qui a noté que 12.6% des banques durcissaient de manière modérée les conditions d’accès au crédit immobilier (source : lyonpoleimmo). Ensuite les banques réduisent la durée de prêt, elles refusent de prêter sur 30 ans, car les perspectives d’avenir sont que les taux vont continuer à augmenter en 2012 (source : 20 minutes). D’ailleurs, le figaro nous explique comment renégocier son crédit immobilier (être dans le premier tiers de son prêt, échange taux variable contre taux fixe…). Ce qui peut être intéressant en la circonstance. Rajoutons à cela, que le PEL (Plan Epargne Logement) aura son taux de rémunération inchangée pour 2012, soit 2.5% (source : challenges). Ce qui en fait un produit peu attractif à l’heure actuelle…

Ensuite, rajoutons le fait que l’agence de notation Fitch, abaisse à « négative » la perspective de la France le 16 décembre 2011. Pour Standard & Poor’s, la France est un mystère ! La hausse des prix immobiliers en France cette année est « un mystère », cette flambée des prix, qui a même atteint 18% en région parisienne sur un an à la fin septembre, est en effet une exception dans le monde, où les prix de l’immobilier ont stagné, voir fortement baissé dans certains pays depuis la crise financière de 2008 ! La France est entrée en récession depuis le dernier trimestre 2011 (source : le monde).  La conséquence est que tout le monde va être touché, autant l’individu que l’entreprise. Les secteurs qui devraient être les plus principalement touchés sont l’automobile (90 % des automobiles sont achetées à crédit), l’équipement ménager qui donne aussi lieu à beaucoup d’achats à crédit et puis l’immobilier et les travaux résidentiels selon atlantico. Et comme le dit le journal le monde : En route vers la récession !

Comme me le dit Julien, un client diagnostiqueur, c’est un beau bordel en France, tout ça… Mais qu’est ce qui se passe dans le reste du monde ?

Justement, regardons ailleurs, voir si l’herbe est plus verte…

Alors au niveau européen, la crise de l’euro plombe le moral de la population. Le nouvelobs, nous indique qu’il n’est pas nécessaire de sortir de l’euro pour sortir de la crise de la dette. En effet, il pronostique que la BCE devrait pouvoir prêter aux états (ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle), avec moins de taux d’intérêt pour éviter la spéculation. Il faut changer les statuts de la BCE. L’un de mes clients courtiers en crédit immobilier, m’ a indiqué que les taux bancaire de la BCE sont déjà très bas, et que la BCE ne prête pas de l’argent aux états surtout pour éviter l’inflation qui a laissé à l’Allemagne un trait mauvais souvenir durant l’entre deux guerres.

D’ailleurs, en parlant de la crise de l’euro, DSK est sommé de se taire quand il déclare à Pékin que la zone euro est un «radeau sur le point de sombrer». Pour éviter le radeau de la méduse, l’Europe appelle le monde à la rescousse pour renforcer son pare-feu (FESF), la Chine en tête via le FMI (source : nouvelobs). Vu de Suisse, c’est la rigidité de la BCE qui affaiblit encore un peu plus l’euro. Selon Jacques Sapir, la crise s’est effectuée en trois mouvements distincts :

– la crise de compétitivité (liée à un euro fort)

– la crise de la dette (engendrée par les états pour contrecarrer l’euro fort)

– la crise de liquidité (engendrée par le fait que la BCE ne fait pas tourner la planche à billet).

En conséquence, il détermine que les dirigeants européens auront une responsabilité historique face à leur peuple. Même le journal « le monde » juge que l’explosion de la zone euro est plausible. Le journal « le parisien » presse que l’année 2012 sera l’année de tous les dangers pour le marché de la dette de l’Europe. Les prix de l’immobilier en zone euro stagnent en attendant la récession (source : gecodia). Certains journalistes disent déjà que c’est la fin de l’Europe à papa. Mais qu’est ce qui bloque ainsi l’Euro ? D’après romandie.com, le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schaüble, a fait part de ses regrets après le sommet européen des 8 et 9 décembre au cours duquel les britanniques, qui ne font pas partie de la zone euro, ont refusé une réforme des traités européens destinée à sauver l’euro.

Ah la perfidie d’Albion ! Pourtant chez nos voisins Britanniques, les prévisions sur les crédits immobiliers tablent sur un recul de la production de crédits immobiliers d’environ 4 % l’année prochaine. Le Royaume-Uni n’est pas totalement à l’abri des effets de la crise dans la zone euro, relève  Moody’s, dans son rapport annuel. L’agence de notation y souligne que « la note AAA stable (du Royaume-Uni) a une capacité réduite d’absorber des chocs budgétaires ou macroéconomiques supplémentaires sans implication pour la notation ». Alors rien ne va plus dans l’entente cordiale, François Baroin, notre ministre de l’économie déclare « C’est vrai que la situation économique de la Grande-Bretagne est aujourd’hui très préoccupante et qu’on préfère être français que britannique en ce moment sur le plan économique ». Au comptoir, certains me disent qu’après tout ils ont brûlés la pucelle, et que c’est toujours bon de se faire du « rosbif » pour se remonter le moral… Allez, manquerait plus qu’une petite victoire du XV de France pour remonter le moral des Français ! Enfin, vaut mieux entendre ça que d’être sourd…

Et nos amis Grecs dans tout ça ? L’immobilier est en crise et les amortisseurs ne jouent plus à plein, nous dit le parisien. Baisse des prix, chute des transactions, arrêt de la construction : la récession en Grèce frappe désormais de plein fouet l’un des principaux moteurs de l’économie et il n’est pas certain que les banques et la solidarité familiale jouent encore longtemps leur rôle d’amortisseur. Et le journal canadien la presse, nous dépeint un tableau noir de la Grèce d’avant crise : Des routes qui ne mènent nulle part ; Des impôts que personne ne paye ; Des statistiques aussi précises qu’une compétition de tir au pigeon d’argile réservée à des athlètes aveugles. Le quotidien des Grecs n’est pas glorieux, entre débrouille et survie, marianne2 en vient à se demander s’il ne faut pas acheter grec pour sortir de la crise.

Et le poids lourd Allemand dans tout ça ? Ils ont l’air plutôt serein nos amis teutons. Jens Weidmann, le patron de la puissante Bundesbank nous dit :  » Il ne faut pas regarder les verdicts des agences (de notation) comme le lapin les phares de la voiture ! » Pour lui, c’est très improbable que Berlin perde son  » Triple A « . Et après la dégradation des Etats-Unis, on peut se demander si cela aurait un effet si dramatique « , a ainsi affirmé le président de la banque centrale allemande dans un entretien publié ce matin dans ‘Les Echos’. Et d’ajouter qu’il ne faut pas regarder les verdicts des agences comme le lapin les phares de la voiture « .

Alors regardons chez nos amis Irlandais :

Peut être que les Belges s’en sortent mieux ? D’après le journal l’express.be, l’immobilier belge est à bout de souffle.

Mais où trouver un peu de réconfort dans cet océan de mauvaises nouvelles !!?!

Chez le géant chinois ? Non car la Chine qui semblait épargné par les crises économiques, montre des signes de fébrilité. Une bulle immobilière serait sur le point d’éclater mettant en péril l’un des secteurs qui a porté la croissance depuis les années 2000 selon France24.

La Chine semble partie dans une spirale infernale au niveau immobilier.

Cela fait froid dans le dos… Peut être que la situation est meilleur dans la super puissance mondiale que sont les USA ?

A priori, la crise là-bas est sévère.

Surendettement, quartier fantôme…

Et pourtant, des perspectives d’avenir semblent émerger de tout ce foutoir. Ainsi le moral des constructeurs américains repart à la hausse en décembre 2011. Un rebond est en vue avec l’immobilier, les derniers chiffres de la construction résidentielle suggérant une amélioration du marché immobilier américain.

En France, même si la majorité des indicateurs sont franchement dans le rouge, un chiffre plutôt positif vient faire un léger mais salutaire contre coup. Celui de la création d’entreprise liée à l’immobilier au mois de novembre 2011. Espérons juste que ces dernières soient pérennes dans le futur.

Pour finir, comme nous arrivons à la période des fêtes de fin d’année, rêvons un peu, et pourquoi pas nous constituer un patrimoine à moindre coût, car comme le dit le titre de l’article d’abcourtage : Cette pierre sur laquelle je bâtirai ma fortune !

Allons rêvons un peu, et bonnes fêtes à tous.

Article : Antoine Michon

Dessins : Martin Masson

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3 commentaires pour Comptoir de l’immobilier : actualité décembre 2011

  1. Bernard Moreau dit :

    Article très complet, avec beaucoup de référence. Le seul problème, c’est qu’il soit publié en janvier pour parler de l’actualité de décembre… Un peu tard à mon goût ! Dommage, il faudrait être plus réactif…

  2. Très cher client du comptoir, ce manque de réactivité est dû au fait que le comptoir (comme beaucoup de client) a prit des vacances de fin d’année.Nous nous excusons de la gêne occasionnée.

    Cordialement,

    La direction.

  3. Edouard Mallet dit :

    No pb immobilis ! le comptoir a le droit de prendre des vacances… L’article est vraiment pas mal, par contre faudrait faire gaffe aux fautes d’orthographes ! 😉

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