Comptoir de l’immobilier : actualité novembre 2011

Sacré mois de novembre ! Après avoir fait face à un massacre fiscal qui nous laisse sans le sou,  nous sommes confrontés à dame nature qui prend ses quartiers d’hiver. Même le dieu Chronos semble nous avoir condamné à ne plus voir la clarté du jour que sous les oeillères du travail…

Mais au comptoir de l’immobilier, il règne une véritable effervescence ! En effet, c’est une incroyable série de feuilletons à rebondissement qui s’est déroulée…

Episode I : La crise grecque

Au pays de la Moussaka, rien ne va plus… En effet, l’accord du 27 octobre 2011 a obligé les banques privées a abandonnées 50% de la dette publique qu’elles détiennent. En jargon, populaire, mes piliers de comptoir m’ont subtilement dit : « un tien, vaut mieux que deux tu l’auras ». Pas faux, peut-être ont ils pris conscience en haut que le peuple grec est en phase finale avant le mode léthargique. Pis, le mécontentement est tel là-bas, qu’un de mes clients, petit propriétaire, m’a annoncé qu’à ce régime là, la Grèce allait faire une bonne vieille révolution et envoyée sur les roses tout le monde ! Ah, sagesse populaire quand tu nous tiens…

Bref, au comptoir nous étions tous rivés vers le pays des origines de la démocratie. Et puis, le cataclysme est arrivé ! Peu de temps après l’accord, Monsieur Papandréou a lancé une véritable bombe atomique à retombé mondiale. Un référendum sur l’accord du 27 octobre, et avec en prime le changement intégral de l’état major de l’armée grecque… Pour être honnête, demander l’avis du bon peuple quand une décision importante est prise n’a rien d’étonnant. Sauf quand on sait que le peuple est majoritairement contre le fait de se faire croquer, même avec des conditions un peu plus avantageuses. Résultat, l’Europe panique et les bourses dévissent…

Au comptoir, deux camps s’opposent : Ceux qui disent « les grecs ont raison de faire ça, ils doivent envoyer bouler le grand capital » et ceux qui disent « ils vont foutre tout le système mondial en l’air, ces cons ! ». Bref, pour éviter une mini guerre froide dans notre bon rade, la direction a décidé d’interdir tout débat, ou toute vanne sur les Grecs…

Puis, 4 jours après l’annonce du référendum, Papandréou décide de retirer le référendum face à la soufflante internationale créée par cette décision, et surtout face à la menace de sortir la Grèce de la zone Euro de manière unilatérale. Les politiques grecs ont pliés, au pays de la création de la démocratie, le peuple ne sera pas écouté. Papandréou démissionnera, remplacé par Papadémos, ancien vice-président de la Banque Centrale Européenne. Un ex-banquier à la tête de la Grèce, ça rassure non ?

Episode II : La contagion italienne

La crise Grecque devient par effet de la zone monétaire, la première plaie d’une maladie qui se propage à d’autre pays de la zone Euro. L’Italie est notamment dans la tourmente de la spéculation des marchés financiers.

J’ai surpris une discussion intéressante entre deux clients (Lina négociatrice en immobilier, et Robert diagnostiqueur immobilier), je vous retransmet ici une part du contenue :


  • Robert: « Hey, ma belle, les italiens n’ont que ce qu’il mérite ! Avec un vieux pervers au pouvoir… Je comprends les allemands qui ne veulent pas payer pour ces fainéants du sud »

  • Lina : « Mon pauvre ami, l’Europe doit réagir très vite pour un rééchelonnement de la dette italienne ! Sinon la France, puis l’Allemagne pourraient être touchées par ricochet ! Pis, la France a faillit avoir au pouvoir un DSK, qui à mon avis ne vaut pas mieux qu’un Berlusconi… »

Silence dans l’assemblée du bar.

En effet, la fin de règne de Berlusconi a amené un affaiblissement du gouvernement italien. Les spéculateurs se sont engouffrés dans la brèche. Berlusconi a été obligé de partir. Remplacé par Mario Monti (un ancien consultant pour Goldman Sachs) qui a reçu un soutien très appuyé par la France (Sarkozy) et par l’Allemagne (Merkel). Car si la quatrième puissance européenne venait à faire défaut, cela serait un cataclysme incommensurable pour la zone euro. D’ailleur l’effet de contagion suit son cours, car le Royaume Unis se retrouve menacé par l’Italie. Bruxelles se dit très inquiète quant à la crise italienne.

Cette crise italienne vient de faire son premier mort à Wall Street, en la société MF Global. Ce courtier est en effet victime d’une exposition de plus de six milliards de dollars à la dette publique de la zone euro, dont plus de la moitié à l’Italie.

Episode III : Le plan de rigueur

Le plan de rigueur a été très suivi dans notre bistro. Tout d’abord, mes clients sont à peu près unanime pour dire que le dindon de la farce sera encore le contribuable, en gros… Nous ! Le blog du monde, annonce que le plan Fillon pèsera essentiellement sur les ménages ! Déjà que pour les ménages, l’immobilier est le premier poste de dépenses et que près de 6 français sur 10 éprouvent des difficultés à se loger. De plus, le plan d’austérité va toucher de plein fouet le secteur de l’immobilier (n’oublions pas qu’entre 2007 et 2009, 20% des agences immobilières françaises ont fermé).

Il va y avoir encore des clients en moins dans notre bar. En effet, la fin du PTZ+ dans l’ancien, la fin anticipé du dispositif Scellier, l’amoindrissement des Crédits d’Impôts Développement Durable (CIDD) et enfin la fin de la TVA à 5.5% dans le bâtiment (passé à 7%) devraient avoir des effets désastreux dans le secteur. La franchise Century21 parle même de quadruple peine pour l’immobilier. Ce sont les jeunes ménages qui vont en prendre un sacré coup ! Déjà que les primo ascendants ont fondu comme neige au soleil, mais là avec la fin du Prêt à Taux Zéro + dans l’ancien, ça va être une hécatombe. D’ailleurs à la FNAIM on est proche de l’ulcère ou de la crise cardiaque.

Selon le nouvel Observateur : « Globalement, les deux plans de rigueur successifs concernent a minima 550 000 transactions », constate René Pallincourt qui estime que le remède pour freiner les dépenses publiques risque d’être pire que le mal. «  La suppression du PTZ Plus, qui permet aux primo-accédants d’alléger de 10 à 15 % le coût de leur acquisition, va entrainer un repli des acquisitions qui pourrait atteindre 200 000 transactions… »

Et le français moyen dans tout ça ? Et bien, il préfère avoir des liquidités selon les échos (17% de nos ami(e)s du comptoir préfèrent mettre leurs économies dans leurs bas de laine). Il n’a plus confiance en l’assurance-vie qui était l’un des produits financiers phares depuis quelques temps… Le figaro se demande si la faute n’en reviens pas à la Grèce ? (Elle a bon dos celle là). Pis le bon vieux français se demande si on n’est pas dans le purin jusqu’au cou !

Surtout quant le grand Jacques Attali nous dit que la France a déjà perdu son triple A. L’un de mes clients me dit : « On est foutu, de chez foutu« , je lui réponds qu’il faut raison garder. Le septique me sort la Tribune de Genève, et me dit que la France craint d’être la prochaine sur la liste. Je lui réponds que l’on craint d’y être, mais que l’on n’y est pas encore…

Et les banques dans tout ça ? Tout d’abord, le 31 octobre 2011, Jean Claude Trichet a quitté ses fonctions à la Banque Centrale Européenne… Si même le capitaine quitte le navire, mais où va l’€uro ??? D’ailleurs, le nouveau président de la BCE (Mario Dragh alias super Mario) s’est empressé de baisser de 0.25% le principal taux directeur.

Au sujet de l’Euro, l’un de nos clients (André alias Dédé), n’ a pu s’empêcher de comparer l’Euro avec le Titanic. Pour lui, l’insubmersible Euro s’est prit de plein fouet l’iceberg des dettes souveraines des états.  Le bateau est en train de sombrer, compartiment par compartiment (Grèce, Espagne, Portugal, Irlande…), l’orchestre (qu’il compare au média) joue encore pour éviter la panique générale, mais bientôt le son de la mélopée médiatique sera couvert par la catastrophe qui s’amplifie…

Le sang me glace rien qu’à cette idée… Pis je me dis, Brave Dédé, a t’on vu un philosophe de comptoir avoir raison quant à la destinée du monde ?

Mais ce qui a fait débat dans notre rade, c’est le fait que les députés ont refusé de baisser leur indemnités au moment où le gouvernement demande à presque tous les français de faire des efforts. Qui a dit que l’exemple venait d’en haut ?

Revenons en à nos banques… Que font t’elles ? Rien, justement… Pire, elles limitent depuis cet été le nombre de crédits immobiliers. Pis, elles continuent à se renflouer en n’indexant pas la baisse opérée par la BCE, pire certaines (1/3) décident d’augmenter leurs taux de crédit !

Bref, dans le monde de la banque, on essai de sauver les meubles. D’ailleurs, en parlant de banque, le Crédit Agricole prévoit une baisse de 5 à 6% sur les logements en 2012… Justement revenons à la crise immobilière.

Episode IV : La crise immobilière

On s’enfonce donc de manière joyeuse, dans une crise immobilière sans précédent. Selon le bureau d’étude Adéquation : « Pour ce qui concerne l’investissement locatif, Adéquation table sur une perte de 20% de ventes sur l’ensemble de l’année, soit 10.000 ventes de moins au niveau national, ce qui se traduirait par 81.000 à 85.000 ventes sur l’année – soit le niveau des années 1997-2001« .

Ainsi on observe une baisse significative des prix à Paris. Selon Boursorama, les petites surfaces seraient les plus touchées, faisant baisser l’ensemble des prix parisiens en dessous de la barre des 8 000 €.

Les prix parisiens ont baissé de – 4,1% depuis le 1er juillet (jusque fin octobre) et sont revenus au niveau de février 2011.  Le marché immobilier dévisse, et après un record historique de 8 350 € / m² à Paris au mois d’août 2011, il n’a cessé de baisser. Selon meilleursagent.com, le prix du m² parisien à baissé de 1.1% en septembre 2011.

La crise immobilière a d’autres effets, comme la colère des propriétaires représentés par l’Union Nationale de la Propriété Immobilière (UNPI). Cette organisation pronostique que la nouvelle plus-value immobilière sera « une entrave durable pour le marché de l’investissement immobilier« . L’UNPI est révoltée aussi par la hausse des fiscalités locales, et tape du poing sur la table car les propriétaires sont confrontés à la stagnation des loyers, voir à une baisse de ces derniers dans certains secteurs.

Et puis crise oblige, on voit apparaître le discount de l’immobilier. C’est Guy Hoquet qui lance une vaste offensive à ce sujet. En effet, 2 000 biens anciens ont été mis en vente à prix cassé jusqu’au 15 novembre 2011, sous forme de vente privée. C’est pas les soldes on vous dit, juste une vente privée… C’est quand même plus sérieux !

D’ailleurs, selon Nice Matin, le marché est devenu opportuniste, car outre la baisse constatée (notamment dans le neuf de 3%), on négocie plus facilement sur la Riviera… Et à Paris aussi, dans les beaux quartiers on commence aussi à ressentir la crise. Dans le 8ème, les prix serait passé de 10 000 € à 12 000 € le m² cet été contre 9 000 à 10 000 € en novembre. Si on regarde bien le marché immobilier parisien, il y a quelques temps, on ne trouvait presque rien à moins de 100 000 €.

Et puis, cette petite vidéo ci dessous a bien fait rire notre comptoir ! Pascal (gestionnaire de patrimoine), l’un de mes piliers favoris, me dit dans une subtile métaphore : « Tu vois ! Le marché de l’immobilier part en couille… »

Mais ce qui a vraiment crée l’évènement ces derniers temps sur la toile, et dans notre établissement, c’est cette annonce concernant un placard à balais… Oups, pardon… Un appartementde 3 m² à Paris, vendu 29 000 € ! Certaines personnes n’ont vraiment peur de rien…

Episode V : L’immobilier dans le monde !

Regardons la Chine. Le géant asiatique se porte a priori bien. Il semblerait que l’empire du milieu investisse de manière massive dans l’immobilier à travers le monde (Canada, USA, Australie, Royaume Unis, Corée du Sud…). Mais en y regardant de plus près, on s’aperçoit que le marché de l’immobilier chinois est en surchauffe, et que le prix des logements est en baisse depuis deux mois consécutifs (baisse de 0.23% dans les 100 premières villes chinoises). La conséquence résulte dans des manifestations de propriétaires chinois ulcérés contre la baisse des prix, alors qu’eux ont acheté aux prix fort leurs logements.

Ensuite, voyons les Etats-Unis… Là bas, le prix de l’immobilier est en vif recul ! La crise immobilière découlant des subprimes est sans précédent. De nombreux américains se retrouvent sur le carreau.

Pour lutter contre les expulsions de propriétaire, le président Barak Obama tente de faire voter une nouvelle mesure visant à limiter les dégâts. Malheureusement, ce genre de mesure semble bien peu efficace au vu de l’étendu de la crise.

Dans certaine région, on assiste même à la disparition de certaines villes, remplacées par d’immense terrain vague.

En Europe, l’Irlande est au bord de l’asphyxie. De nombreux promoteurs ont mis la clef sous la porte, sans que leurs projets en cours ne soient terminés (43 000 logements seraient inachevés). Le dragon celte est en état léthargique.

La seule note optimiste vient de nos cousins Canadiens qui tel un village d’irréductible tient coûte que coûte face à un océan de morosité. Mais quel peut bien être leur potion magique ?

Tout simplement, durant les 10 dernières années, les Canadiens ont dépensé 450 milliards $ pour la rénovation de logements. Ce qui a amélioré la qualité du parc canadien… L’amélioration des logements ayant été sous-estimée : « Pourtant, sans tenir compte des mécanismes de l’offre et de la demande, ces facteurs font partie de ceux qui ont eu le plus d’influence sur la valeur de l’immobilier. Le résultat est tout à fait positif ».  Selon La Presse, le prix des maisons grimpe encore… Le marché de l’immobilier canadien devrait continuer à augmenter pour 2012.

Alors pouvons-nous exporter cette recette magique en France ? Non, nos économies ne sont pas semblables, et les chiffres de croissance sont différents… Il nous faudra être imaginatif pour nous sortir de cette fange ! Et comme le disent mes clients du comptoir, dans les mois à venir, en France,  il va y avoir du sport !

Article : Antoine Michon

Dessin : Martin Masson

Publicités
Cet article, publié dans Actualité, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

11 commentaires pour Comptoir de l’immobilier : actualité novembre 2011

  1. Titiparisien dit :

    Rolala, c pas glorieux tout ca !!! Vous pouvez me fournir une corde pour aller me pendre ?

  2. Désolé, on ne fournit que des boissons et des cacahuètes ! 😉

  3. émilie dit :

    Chouette l’article, enfin dans le sens où c’est écrit mode rigolo et que les illustrations et vidéos sont sympa, c’est complet et tout et tout… mais hormis la forme, c’est vrai que le fond donne envie de se pendre, ou bien de se prendre une bonne murge au comptoir en essayant de ne pas s’étouffer avec les cacahuètes.

  4. Il vaut mieux boire un verre au comptoir que d’aller se pendre… Nous tenons à notre clientèle ! D’ailleurs, chers clients, l’abus d’alcool est dangereux pour la santé à consommer avec modération.

  5. mariereine dit :

    nous vendons notre villa dans le var dur !…150m² 3293m² terrain arbore piscine pool house
    pour 690.000€ blog http://villaavendre.canalblog.com

  6. Infograph'man dit :

    Article intéressant, je recherche a acheter un apparte, mais quand je vois la conjoncture actuelle, je ne suis pas sûr de le faire maintenant… Je pense que je vais attendre un peu. Sinon, j’adore les dessins de Martin !

    • Acheter ou pas, cela dépend de votre situation personnelle ! N’hésitez pas à vous rapprocher des professionnels de l’immobilier de votre secteur, obtenez plusieurs avis, et vous prendrez sans aucun doute la décision adéquate…

      Cordialement,

      La direction

      PS : Martin vous remercie…

  7. Didier dit :

    Bon article, bien documenté… Merci

  8. Alphonse Legendre dit :

    Super article, et bonne ambiance dans ce cyber bar ! Par contre mettre un lien vers la chanson de silmaris « y va avoir du sport », fallait oser quant même… mdr

  9. Ping : Comptoir de l’immobilier : actualité décembre 2011 | immobilisexpertise

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s